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Evaluation

Evaluation sommative/formative/diagnostique

By 27 août 2019janvier 27th, 2020No Comments

Ce billet reprend des bases sur l’évaluation. Nous allons voir ce que sont que l’évaluation sommative, formative et diagnostique. Nous allons suite voir à quel moment quelle évaluation a lieu. Puis, comment identifier ces différentes évaluations (pas si simple). Si vous vous sentez au point sur le sujet, il est possible que vous n’appreniez rien. Sauf si vous faites encore de l’évaluation sommative dans votre classe :).

Définitions

L’évaluation diagnostique est une évaluation qui prend place avant le début de la séquence, pour connaître le niveau de début des élèves (les pré-requis). Par exemple, ce questionnaire (que je vous invite à faire si ce n’est pas déjà fait) était une évaluation diagnostique. Vous remarquez que, selon vos réponses, vous n’étiez pas amenés à lire les mêmes textes. C’est un point essentiel pour une évaluation diagnostique, elle doit servir à différencier les parcours des apprenants. Pour être efficace, cette évaluation doit avoir une fonction d’orientation (De Ketele 2006).

Sommative : Il s’agit de l’évaluation finale permettant d’attester des acquis de l’élève. Lorsqu’elle donne lieu à la délivrance d’un certificat (Brevet des collèges, baccalauréat), on parlera donc d’évaluation certificative. Le résultat de l’évaluation sommative est destiné à être communiqué à un tiers, que ce soit un autre enseignant, une école post-bac, des recruteurs via un CV, un responsable RH, etc. Elle est souvent faite en fin de trimestre mais aussi de séquence. Ce qui compte c’est que l’enseignant considère que l’apprentissage est fini. Comme l’apprentissage est fini pour l’enseignant, l’élève n’a aucun intérêt à revenir sur son travail, puisque la note est fixée. Et ce, même si vous aimeriez très fort qu’il le fasse et que vous lui demandez.

L’évaluation formative est l’évaluation qui permet à l’élève de voir où il en est de ses acquis par rapport aux exigences de réussite de l’enseignant. Elle arrive en cours de séquence. Toutes les évaluations informelles sont des évaluations formatives. Le plus souvent le résultat de l’évaluation formative n’est communiqué qu’à l’élève, il n’apparaît pas dans le bulletin.

Identifiez les types d’évaluation

Au premier abord, on peut se dire qu’il est très facile de distinguer les différentes sortes d’évaluation. Si c’est à la fin c’est de l’évaluation sommative et si c’est au milieu, de la formative.
Les choses sont en fait plus compliquées. Déjà parce qu’une évaluation sommative peut prendre place en fin de séquence, et donc au milieu du trimestre. La vraie question n’est donc pas la place de l’évaluation dans la formation mais ce qui se passe si un élève progresse après l’évaluation.
Concrètement, si une fois l’évaluation passée, la note ne peut pas changer, c’est de l’évaluation sommative.
En revanche, si les résultat de l’évaluation change si on constate que l’élève a progressé, c’est de l’évaluation formative.

De l’intérêt de l’évaluation sommative ?

Un contrôle scolaire classique est donc de l’évaluation sommative. Une fois que vous avez reçu votre copie, la note ne bougera pas, même si vous avez compris des choses de la correction. Ce qui explique donc ces copies corrigées dans la corbeille à la fin de votre séance de rendu de copies. Plus largement, l’immense majorité des évaluations formelles scolaires sont sommatives. Ce qui veut dire que, quand on pense évaluation, on pense évaluation sommative par défaut. Or, nous avons vu que l’évaluation sommative ne favorise pas les apprentissages, contrairement aux évaluations formatives. Pourquoi passons-nous autant de temps et d’énergie à pratiquer une évaluation sommative alors que cela n’aide pas à l’apprentissage ? Peut-être parce que cela nous est demandé ?

Au primaire et jusqu’en quatrième, la réponse est clairement NON. Nous sommes dans la partie obligatoire de la scolarité. Les seules validations sont demandées en fin de cycle. De plus, dans la logique des cycles, tous les élèves doivent être validés en fin de cycle, les remédiations sont à prévoir en amont.

En troisième et lycée, la réponse est plus nuancée. Nous avons en effet une obligation de communiquer le résultat de nos évaluations à l’extérieur, pour les livrets scolaires et donc la sélection des élèves. Le but de l’évaluation est donc légèrement différent. Mais pourquoi ne pas imaginer une évaluation formative permettant la sélection ? Comme des notes qui peuvent monter tout au long du trimestre ?

Une autre raison de faire du sommatif est de mettre “la pression” sur les élèves et donc de les faire travailler. Certes cela pose des problèmes de bachotage et d’apprentissage de surface mais au moins les élèves travaillent. Mon expérience c’est que l’évaluation formative est un outil encore plus puissant pour faire travailler les élèves. Si les élèves savent que leur note peut augmenter, ils seront motivés pour réviser le contrôle mais aussi pour travailler la correction, vous savez, ce moment où ils travaillent sur leurs erreurs et où leur apprentissage se fait réellement.

Je pense que la véritable raison du sommatif omniprésent et des moyennes présentes partout à l’école sont tout simplement historiques. “On a toujours fait comme cela”. Nous l’avons subi en tant qu’élève, jamais remis en question durant notre formation. Et cela nous empêche de voir toutes les possibilités offertes par l’évaluation par les apprentissages. A nous donc de questionner nos pratiques, toutes nos pratiques. Et de voir comment rendre un maximum (toutes ?) nos évaluations formatives. Et cela peut commencer simplement. En acceptant de monter la note après la correction…

Edit du mardi 27 mars : Charles Hadji a publié le 25 mars un article nettement mieux écrit et plus approfondi sur le même sujet dans “The conversation”. Courrez le lire si le sujet vous intéresse !
https://theconversation.com/evaluation-est-on-condamne-a-la-perpetuite-93837

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